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Racontée par U. Schellenberg

L'histoire de l'IRP commence par une consultation médicale
Ulrich Schellenberg, co-fondateur de l'IRP

Comme initiateur et fondateur de l'IFP à Zurich puis de l'IRP à Genève, je vais vous raconter l'histoire du comment et du pourquoi de ces deux fondations.

Tout commence avec une amitié

En 1987, j'ai eu la chance de consulter, pour mes problèmes de paraplégique, le Pro­fesseur Alain Rossier, médecin chef du nouveau Centre paraplégique suisse à la cli­nique Balgrist de l'Université de Zurich. Ce fut le début d'une grande amitié. Chairman emeritus du groupe international Ogilvy & Mather en Suisse (marketing et publicité), j'avais décidé de me retirer des affaires et de vouer mon temps disponible, bénévolement, à la cause des paraplégiques, au terme d'une carrière professionnelle de 25 ans, dont dix années comme paraplé­gique, suite à une chute accidentelle. Et voilà que le professeur et chercheur clinique de renommée internationale qu'est Alain Rossier m'envoyait aux Etats­-Unis pour me familiariser avec un projet qui lui était cher et l'importer en Suisse pour en faire bénéficier ses patients en fauteuil roulant à la toute nouvelle clinique de réhabilita­tion de Balgrist à Zurich.

Programme de conseil (1988-1992)

Bref, il s'agissait de rassembler et de diriger un groupe d'hommes et de femmes para- et tétraplégiques déjà rééduqués à Zurich. Mais comment faire profiter les nouveaux accidentés, à la clinique Balgrist, de l'expérience vécue durant une «carrière» de paraplégique? La grande expérience accumulée au Veterans Medical Center, Spinal Cord Injury Service, pendant les années 80 se révéla particulièrement précieuse, de même que celle du Professeur Rossier, premier titulaire de la première Chaire de Paraplégie aux Etats-Unis, à la Medical School de la Harvard University. Le Professeur Rossier m'ouvrit toutes les portes de ce magni­fique programme. Pour chaque participant, l'engagement était important et demandait une coordination détaillée avec les services de l'hôpital. Ce premier projet bénévole a été très apprécié des participants. Il a connu un grand succès parmi les accidentés, notamment en raison du caractère flexible du programme qui laissait aux bénévoles une grande liberté.

Une découverte révolutionnaire

En 1989, j'ai consulté le Professeur Rossier à la suite d'un article paru dans le New York Times qui par­lait de la possibilité révolutionnaire de neutra­liser les inhibiteurs du système central ner­veux. J'étais fasciné par les recherches des professeurs Aguayo et Schwab. Ce dernier confirmait que, grâce à ces découvertes, une thérapie de la paraplégie était, pour la première fois, envisageable. Je me souviens toujours de ce que m'a dit Alain Rossier: « Si vous voulez faire quelque chose pour soutenir la recherche en paraplégie, il faut aller voir le Professeur Martin Schwab et le Professeur Michel Cuénod, directeur de l'Institut de recherche sur le cerveau de l'Université de Zurich» . Voilà : c'était le début d'un grand projet et d'une grande aventure qui devait m'occuper pour les années à venir.

Création de la Fondation IFP (1990-1991)

En janvier 1990, dans un exposé à la direction de la clinique Balgrist, je concrétisais mon idée du soutien de la recherche en paraplégie avec l'aide de nombreux amis. Le médecin chef, Adam Schreiber, plaidait en faveur d'un Institut International de Recherche en Paraplégie indépendant. Ce fut un très bon conseil ! A l'aide des professeurs Rossier, Schwab, Cuénod, Kleihues, Akert, Schreiber et Schurch, un ami juriste et partenaire dans mes activités de marketing, d'autres amis, les directeurs de PricewaterhouseCoopers et de Publicitas, je finalisai le concept pour la Fondation IFP - Internationales Forschungsinstitut fur Paraplegiologie . C'était au mois d'août 1990.

A l'ébauche : le Comité scientifique

La constitution du Comité scientifique ren­dit nécessaire des voyages en Allemagne, en France et en Italie. Et, pour le premier Conseil de fondation, il fallait trouver des personna­lités avec des relations exceptionnelles en Suisse. Ces efforts furent couronnés de succès et, lors de la séance constitutive du 20 novembre 1990, un cercle international débattit des statuts de la Fondation IFP, qui furent acceptés par le nouveau Conseil de fon­dation. Les conseillers scientifiques furent choisis par le professeur Paul Kleihues, doyen de la Faculté de médecine de l'Université de Zurich et premier Président du Comité scienti­fique de l'IFP.

Fin d'un chapitre

Le Président du Conseil d'Etat du Canton de Zurich, le prof. Hans Künzi, accepta de prendre la présidence de la Fondation IFP à la fin de son mandat politique, en mai 1991 . Après un effort d'acquisition exceptionnel et la dotation du capital par son fondateur, l'IFP était officiellement fondé le 14 juin 1991. On partait avec CHF 300.000.-- et un groupe de membres constitué de personnalités de premier plan et de nombreux amis qui permit la réus­site de l'opération. En 1993 déjà, les fonds à investir dans la recherche dépassaient le million. L'intérêt manifesté envers notre cause ne cessa d'augmenter, parce que chacun comprenait que la recherche pour la régénération des nerfs peut tous nous concerner. J'arrivais ainsi à la fin de mon mandat comme « managing director » et vice-président de l'IFP, avec, comme résultat, un capital de presque 6 millions de francs suisses à disposition de la recherche. Ma paraplégie ne me permettait plus guère de continuer mon travail à Zurich et l'IFP était devenue autonome. D'autre part, j'étais ravi de pou­voir m'engager dans le groupe qui se formait autour du prof. Alain Rossier afin de promou­voir la recherche de fonds en Suisse romande. Et quelle chance de pouvoir renforcer notre amitié.

Création de la Fondation IRP, Genève (1994-1995)

Le projet d'une Fondation internationale pour la recherche en paraplégie en Suisse roman­de avait fait à plusieurs reprises l'objet de nos conversations. Dès sa nomination comme membre du Comité scientifique, le professeur Alain Rossier, avec sa grande connaissance en paraplégie clinique et ses nombreux liens dans la société genevoise, était tout désigné pour devenir le centre ou le coeur de ce qui allait se réaliser sous la forme de la fondation romande IRP. Des sponsors importants, comme la Banque Pictet & Cie, la Loterie romande, la Fondation Sandoz, M. Jean-Claude Veillon, M. Félix Teuber, M. Conrad Ritz et d'autres encore, manifestaient un intérêt actif et nous encoura­geaient à créer la Fondation IRP Genève. Mon rôle à partir de 1995 consista à donner mon «know-how», mes relations et d'assurer le lien entre les deux fondations.

Une fondation adaptée aux besoins de la Suisse romande

Il était clair qu'une fondation parallèle en Suisse romande pourrait mieux mobiliser les donateurs de cette partie de notre pays, et mieux faire passer le message scientifique. Après l'accord unanime de la Fondation IFP Zurich en mai 1995, la nouvelle Fondation Institut International de Recherche en Paraplégie (IRP) vit le jour, sous la présidence du Professeur Alain Rossier, le 21 juin 1995. Elle prenait un excellent départ avec un Conseil de Fondation très actif et de très grande portée. Le reste est l'histoire d'un magnifique succès! Les contributions pour les projets de recherche augmentent d'année en année et notre cause est soutenue avec beaucoup de coeur et de motivation.  

Ce texte a paru dans la plaquette éditée à l'occasion du Bal du Printemps 2001 à Genève.
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